BDAN_Doc n' Coll

Ce blog présente des analyses d'articles et de collections numériques

02 janvier 2007

Fiche de lecture#8

Pourrais avoir un nuage de tags sur mon site web 2.0 ? Ou faire du neuf avec du vieux.
Didier Frochot. Dossier spécial : web 2.0. Défidoc.  Décembre 2006. http://www.defidoc.com/publications/ds_web2.0/NuageTags.htm

Titulaire d’une maîtrise de doit privé et d’un DESS de gestion, Didier Frochot œuvre dans le secteur de l’information-documentation depuis 1982. Actuellement, il est formateur et consultant indépendant, et coauteur du site Defidoc (http://www.defidoc.com).

Cet article de Didier Frochot issu du dossier spécial web 2.0, propose une réflexion autour du concept des tags, et montre que derrière ce terme et cette pratique attribuée au web 2.0 se cachent des techniques et pratiques qui ne sont finalement pas novatrices.

Alors que le concept du Web 2.0 apparaît comme une révolution, une avancée dans l’utilisation des technologies du web et provoque une déferlante dans les médias, les auteurs de Defidoc proposent dans ce dossier spécial plusieurs articles de vulgarisation technique, ainsi que des réflexions permettant de comprendre et de démêler la réalité des mythes qui accompagnent ce sujet très à la mode. Une des innovations techniques du web 2.0 serait pour les internautes le fait d’apposer des tags. Nombres de sites et de blogs possèdent ce qu’on appelle dans le jargon du web 2.0, des « nuages de tags ». C’est une manière de présenter les tags qui consiste à regrouper dans un même espace des mots en leur attribuant une taille variable suivant la fréquence d’utilisation. L’auteur rappelle dans un premier temps que ce système se réfère directement à la méthode d’indexation à l’aide de mots-clés utilisée en bibliothéconomie, et montre que ces soi disant innovations techniques du web sont en réalité l’application de méthodes de traitement de l’information.  Dés le début du web, les techniques documentaires ont été utilisées et l’auteur propose un tour d’horizon de ces diverses techniques.

Tout d’abord, il rappelle que la méthode de classification des sites web utilisée était les répertoires. Cette technique fut historiquement usitée par deux américains qui décidèrent de répertoriés tous les sites web. Didier Frochot souligne le fait que la description et le référencement de ces sites, ainsi que la navigation au sein du répertoire reprenaient les techniques bibliothéconomiques. L’article insiste ironiquement sur l’apport des techniques documentaires pour le web. La seconde technique fut l’apparition des moteurs de recherche, qui consiste à référencer automatiquement le web mondial. L’auteur signale la ressemblance avec les logiciels documentaires, et rappelle que chaque personne effectuant une recherche à partir d’un moteur fait finalement de la documentation. Il aborde aussi la question des professionnels de la documentation face à Internet, et leur peur de voir disparaître leur fonction face une machine, Alors que c’est justement leur rôle de s’approprier ces outils afin d’organiser et indexer correctement l’information. Puis, l’auteur évoque l’utilisation des métadonnées et explique  pourquoi pour certain site elles ne sont pas exploitées par les moteurs de recherche. Ceci provient d’une mauvaise indexation par le concepteur du site : abus de mots clés ( spoofing), manque de compétences en termes de description de contenu.

Ce rappel des différentes techniques documentaires au sein du web permet a Didier Frochot de mettre en évidence les limites des tags du web 2.0. Ainsi, il démythifie ce concept d’innovation. Les tags ne sont qu’une réappropriation d’une technique documentaire traditionnelle. L’auteur explique que l’innovation vient de la manière de présenter ces mots-clés. La pratique des tags est intéressante car elle permet une amélioration de l’accès à l’information, mais l’auteur souligne le fait que le tagging reste une pratique amateur et que cette indexation libre à ces limites. En effet, il n’y a pas d’harmonisation, de vocabulaire contrôlé, d’uniformisation des termes employés. Enfin, l’article présente la notion de taxonomie, et montre que là aussi il s’agit de réappropriation de réalité déjà existante. Ce terme utilisé aujourd’hui dans le langage du web 2.0 sert à désigner « des essais de classification d’objets, notamment pour s’y retrouver dans les tags ». Ainsi, il montre que ce terme est employé comme pour tenter de structurer les termes et essayer de les classer dans les nuages de tags. On en revient donc à réinventer, selon l’auteur, les notions de classification et de thésaurus. En conclusion, Didier Frochot met en évidence que ces réappropriations des techniques documentaires sont finalement un honneur pour les professionnels de la documentation, mais regrette le fait que ces derniers ne sont pas « là où il faut et quand il faut ».

Commentaires

Cet article de Didier Frochot est intéressant car il permet de faire le point sur les soi disant innovations émergeant du web 2.0. J’ai bien apprécié le style quelque peu incisif de l’article et du dossier en général. L’auteur semble remettre les points sur les « i » quant au phénomène du Web 2.0, sans toutefois nier et déprécier ce concept.  J’ai volontairement choisi l’étude de cet article dans le dossier car je souhaitais en connaître davantage sur l’utilisation des tags et l’indexation libre.

Posté par Giguet à 14:48 - Fiche n°8 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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