08 décembre 2006
Fiche de lecture #6
L’accès au web et à la lecture numérique, des publics diversement empêchés.
Burger Dominique.
BBF 2006 - Paris, t. 51, n° 3.
http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2006-3/bbf-2006-03-0058-010.pdf
Diplômé de l’école Supérieure d’électricité et titulaire d’un doctorat en électronique, Dominique Burger est actuellement ingénieur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche (INSERM), et président de l’association BrailleNet. Auteur de nombreux articles, il apporte aussi sa contribution à des colloques.
Dans cet article, l’auteur montre en quoi l’accès au web et à la lecture numérique pour les personnes souffrant d’un handicap est une nécessité de la société de l’information. Dans un premier temps, l’auteur propose une définition de l’accessibilité numérique, puis il présente les différents types de déficiences et les applications informatiques développées pour faciliter l’accès au web de ces personnes. Dans une seconde partie, l’auteur fait le point sur les différentes recommandations et lois promulguées au niveau européen. Enfin, il propose plusieurs mesures d’accompagnement pour la mise en œuvre effective des règles de l’accessibilité.
Selon l’auteur, l’accessibilité numérique se définit d’abord par le respect d’un ensemble de règles qui permettent la lisibilité et la compréhension de tous aux contenus de l’information. Un des facteurs principal est la bonne lisibilité du document électronique. Les critères de lisibilité du document électronique sont les mêmes que pour les documents imprimés : clarté du document, esthétique graphique, structure intuitive… Alors que l’accessibilité et la lisibilité d’un livre sont soumises à divers facteurs matériels (poids, taille, mise en page…), le document électronique dépend de fonctionnalités techniques (accès à une table des matières, index, notes de bas de page…) qui doivent être prévues par l’auteur dés la conception du document. Là ou d’autres auteurs distinguent l’accessibilité (accessibility) et l’ergonomie (usability), Dominique Burger rassemblent ces deux notions et détermine l’accessibilité par la qualité globale du document.
Les règles essentielles de l’accessibilité ont été établies (Web Content Accessibility Guidelines, WCAG1.0, W3C), néanmoins elles ne prennent pas en compte toutes les technologies et tous les formats de document.
L’auteur distingue trois types de déficiences :
- Les déficiences sensorielles (handicap visuel ou auditif)
- Les déficiences motrices (myopathie,…)
- Les déficiences intellectuelles ou cognitives (difficultés de compréhension, apprentissage, mémorisation…).
Pour chacune d’entre elle, des aides techniques (logiciel ou matériel) permettent de faciliter l’accès et la consultation de contenus numérique pour les personnes ayant un handicap.
Concernant les personnes handicapées visuelles, les solutions apportées sont l’utilisation des options de personnalisation de leur navigateur (l’amélioration de la présentation du document, modification des caractères, etc.), ou des logiciels spécifiques. Le terminal braille ou la synthèse vocale sont des aides techniques adaptées aux personnes aveugles.
Pour les personnes déficientes auditives, les informations sonores doivent être converties en signaux visuels.
Des équipements spécifiques, tels que claviers virtuels ou des logiciels de commande vocale existent pour les personnes handicapées motrices.
Enfin, il est possible de faciliter la lecture et la compréhension pour les personnes souffrant de déficit intellectuels et cognitif en privilégiant la clarté et l’organisation des documents.
Depuis 1997, une initiative (WAI : Web Accessibility Initiative) du World Wide Web Consortium vise à améliorer l’accessibilité globale d’Internet aux personnes handicapées. Diverses normes découlent de cette initiative, et la principale est la WCAG 1.O. Celle-ci est reconnue par de nombreux pays. En France, l’association BrailleNet met en place diverses actions pour que les recommandations sur l’accessibilité du Web de W3C/WAI soient appliquées. Plusieurs initiatives se sont développées au niveau européen. Toutefois, l’auteur souligne l’importance d’une harmonisation des recommandations au niveau européen et international. Dans cette perspective, l’association BrailleNet conduit et développe un projet de label européen de qualité pour certifier l’accessibilité des sites web.
Au niveau juridique, de nombreux pays ont institués une obligation légale d’accessibilité aux sites web publics. En France, la loi du 11 février 2005 « Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » stipule une obligation légale d’accessibilité numérique. Des mesures d’accompagnement pour la mise en place de cette loi sur l’accessibilité sont nécessaires. Ainsi, l’association BrailleNet propose des recommandations afin d’aider tous le personnels susceptibles de développer des sites web accessible à tous. Ces mesures encouragent le développement de campagne de sensibilisation, l’intégration de module de formation à l’accessibilité numérique, l’utilisation de format standard de diffusion et la mise en place de procédure de vérification et de certification de l’accessibilité numérique.
Commentaires
La lecture de cet article m’a parue intéressante car en tant que future professionnelle de l’information, l’accessibilité du web et de l’information est un critère essentiel à prendre en compte. En effet, le web joue un rôle de plus en plus important dans l’accès à l’information, et il offre aux personnes handicapées des possibilités d’interaction. L’accessibilité du web est aussi essentielle pour l’égalité des chances dans de nombreux domaines. Rendre accessible un site, c’est prendre en compte les différents types de déficiences et concevoir des outils pour que ces personnes puissent naviguer, comprendre, et créer du contenu. Or, on se rend compte actuellement, que la plupart des sites ne sont pas adaptés à ces personnes. Cet article permet de faire le point sur les diverses initiatives misent en œuvres pour l’accessibilité numérique. Des solutions existent pour adapter le web, des lois sont instituées, mais il semble que trop peu de concepteurs pensent à ce genre de problème.