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Ce blog présente des analyses d'articles et de collections numériques

03 décembre 2006

Fiche de lecture # 5

BÉQUET, Gaëlle ; CÉDELLE, Laure, « Numérisation et patrimoine documentaire »,
BBF, 2000, n° 4, p. 67-72 [en ligne]   http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2000-4/10-bequet.pdf
(consulté le 24 novembre 2006)

 

Gaëlle Béquet est actuellement conservatrice de la bibliothèque de l'institut international d'administration publique. Elle  travaille à la direction du livre et de la lecture (ministère de la culture et de la communication). Laure Cédelle est actuellement conservatrice des bibliothèques chargée des nouvelles technologies et des programmes digitaux à la Direction du Livre et de la Lecture.

Cet article propose des éléments de réflexion pour la mise en place de projets de numérisation du patrimoine documentaire. Dans un premier temps le document propose de faire le point sur les différentes aides financières existantes, et les recommandations établies par le ministère de la culture et de la communication. Puis, il s’intéresse aux différentes initiatives européennes et internationales en faveur de la numérisation du patrimoine documentaire. Une dernière partie dresse un bilan des expériences de numérisation au sein des bibliothèques publiques françaises.


En France, les institutions souhaitant développer un projet de numérisation peuvent avoir recours à des aides financières gérées soit par le ministère de la Culture et de la Communication (niveau central) soit par les Directions régionales des affaires culturelles (niveau régional). Ces aides sont attribuées aux institutions qui en font la demande par le biais d’un dossier d’inscription notifiant les diverses modalités du projet : recours à un personnel qualifié en matière de numérisation, et de traitement intellectuel des documents, matériel informatique adapté et performant… Ces dossiers sont ensuite transmis pour examen et validation aux Directions régionales des affaires culturelles. Ces financements prennent en compte soit l’installation d’un atelier de numérisation pour les projets destinés à l’amélioration des conditions de préservation et de conservation, soit les coûts de la numérisation par un prestataire extérieur. Il est recommandé aux institutions de numériser des documents libres de droits. Dans d’autre cas, la commune doit effectuer les démarches nécessaires d’acquisition des droits pour l’exploitation numérique des documents protégés.


Afin d’assurer la cohérence des différents projets et de garantir une homogénéité entre les fonds numérisés, le ministère de la culture et de la communication à établi des règles et recommandations d’ordre technique et juridique disponibles sur le site du ministère : http://www.culture.fr/culture/mrt/numérisation/.    Les auteurs soulignent qu’avant toute opération de numérisation, plusieurs paramètres essentiels doivent être déterminés. Tout d’abord, il s’agit des questions d’ordre juridiques, et notamment les questions concernant les droits de reproduction et de diffusion. Les institutions doivent vérifier qu’elles possèdent tous les droits d’exploitation des documents à numériser. Si ce n’est pas le cas, elles doivent prendre les dispositions nécessaires auprès des ayants droits, et la cession des droits doit faire l’objet d’un contrat mentionnant les conditions d’exploitation du document. En effet, seuls les documents tombés dans le domaine public sont libres de droit. Toutes aussi importantes, les questions d’ordre techniques doivent être étudiées afin d’exploiter au mieux les fichiers numérisés.

Les recommandations établies par le ministère concernent principalement les formats et noms de fichiers. Deux formats sont imposés pour la numérisation en mode image : Le format TIFF préféré pour la conservation des documents, et le format jpeg destiné à l’exploitation et la diffusion des fichiers. Enfin, les auteurs insistent sur la question de la structuration des noms de fichiers. Ces règles ont été établies dans le but de faciliter le repérage des documents et pour maintenir une cohérence entre les diverses institutions. Ainsi, chaque document doit  comporter l’identifiant de la bibliothèque dont il dépend et un identifiant qui le situe dans la collection.

L’article propose ensuite un état des lieux des différentes initiatives européennes et internationales en faveur de la numérisation du patrimoine documentaire. Ainsi, différents programmes de numérisation associant les secteurs recherche et développement de grandes entreprises et des bibliothèques européennes ont été conduit par la Commission européenne.  Les projets financés sont soumis à la diffusion d’un rapport d’activité pouvant servir de ressources à la communauté bibliothéconomique. Au niveau international, il est possible de consulter tous les programmes de numérisation via le serveur de l’IFLA.


Dans une dernière partie, l’article dresse un bilan des expériences de numérisation au sein des bibliothèques publiques françaises. Bien que quelques initiatives voient le jour, les auteurs soulignent le fait que les bibliothèques restent hésitantes face à la mise en œuvre de projet de numérisation. En effet, ces programmes demandent des investissements importants en terme de financement et de personnel. Afin d’identifier les projets de numérisation existants, la Direction du livre et de la lecture à menée une enquête auprès de cent bibliothèques municipales. Les résultats de ce questionnaire seront visibles à partir d’une base de données hébergée sur le site du ministère de la Culture, et permettront de repérer les collections numérisées. D’après les premiers comptes rendu de cette enquête, les bibliothèques ayant déjà engagée un programme de numérisation, poursuivent leur action sur d’autres collections. La numérisation de fonds anciens est privilégiée au dépend des fonds contemporains. De même, les collections iconographiques sont favorisées par rapport aux documents écrits.


En conclusion, la mise en œuvre d’un projet de numérisation demande non seulement des investissements techniques et financiers mais aussi des connaissances juridiques et des compétences spécifiques. Des mesures sont misent en œuvre par le ministère de la Culture pour aider au financement, mais aussi pour conseiller et informer les institutions désireuses de s’engager dans de tel projet. La consultation des programmes étrangers est aussi une ressource intéressante pour se tenir informer des évolutions dans le domaine de la numérisation.

Commentaires

Cet article permet de se poser les bonnes questions avant d’entreprendre un projet de numérisation. S’il n’aborde pas directement le côté technique, pratique de la numérisation, il donne quelques éléments à prendre impérativement en compte avant une telle démarche. J’ai trouvé particulièrement intéressant le fait que l’auteur mentionne les résultats de l’enquête, car cela permet de se donner une idée de l’évolution des pratiques de numérisation en bibliothèque depuis l’année 2000. Aujourd’hui, le portail Culture.fr permet d’avoir une vision de concrète du paysage numérique en France, et des différentes collections numérisées.

 

Posté par Giguet à 16:50 - Fiche n°5 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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