02 décembre 2006
Fiche de lecture # 2
L’Iconothèque numérique : un nouveau service électronique pour l’université.
Schietse Bérengère,VandoorenFrançoise. BBF 2004 - Paris, t. 49, n° 2.
http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2004-2/13-vandooren.pdf
Titulaire d’un DES en science de l’information et de la documentation et agrégée d’histoire de l’art, Bérengère Schiestse est actuellement attachée d’enseignement et de recherche auprès du directeur des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles et plus spécialement pour la bibliothèque de médecine.
Auteur de plusieurs articles, Françoise Vandooren est titulaire d’une licence en langue et linguistique. Elle est actuellement attachée à la direction des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles.
L’article expose le déroulement d’un projet de développement d’une iconothèque numérique au sein de la bibliothèque électronique de l’Université Libre de Bruxelles. Le document est organisé en quatre parties qui correspondent séparément aux phases successives du projet. Deux encadrés enrichissent le document : L’un propose de définir la notion d’iconothèque ; le second identifie les différentes fonctions d’une iconothèque numérique en milieu universitaire.
La première partie fait le point sur l’état des collections iconographiques. Celles ci sont employées comme support à l’enseignement et déterminées par leurs diversités, tant au niveau de leur origine (privée ou publique), du mode de gestion, que de leur contenu, ou des lieux de conservation et de consultation. Dans les années 1990, ces collections sont numérisées et trois types de médias sont présentés (diapositives au format JPEG, présentations PowerPoint et réalisations multimédias des enseignants) pour lesquels correspondent des solutions technologiques plus ou moins adaptées. Suite à des résultats insatisfaisants en terme de gestion ou de consultation des images, et face à de nombreuses contraintes (organisationnelles, scientifiques, ergonomiques, juridiques), la décision est prise de proposer une solution technologique plus élaborée : créer une base de données regroupant toutes les collections d’images de l’université et permettant un accès facilité.
La seconde partie expose la démarche entreprise par les bibliothèques pour le choix d’un système de gestion d’images numériques. Dans un premier temps, une approche « cahier des charges » a été suivie, en étudiant les fonctionnalités requises pour l’iconothèque, et en menant une étude comparative des différents logiciels présents sur le marché. Face aux difficultés rencontrées par cette méthode, une approche « étude de marché » a été engagée.
Celle-ci consistait à effectuer une étude de faisabilité pour la création, la gestion et l’exploitation d’une iconothèque numérique au sein de l’université. Afin d’examiner au plus près les fonctions des logiciels existants, une « grille d’analyse itérative » a été élaborée comme outil de sélection. Cette méthode à permis d’identifier différents types de solutions : les systèmes de gestion de bibliothèque, les progiciels orientés « images », les progiciels orientés « GEID » et les systèmes développés par des universités. Au terme de cette étude, les logiciels Alexandrie et CONTENTdm ont été retenus afin d’être testés en situation réelle. Les auteurs présentent les avantages de l’évaluation à distance pour l’université et soulignent l’intérêt majeur de négocier avec les fournisseurs des possibilités de ces tests.
Cette troisième partie de l’article présente le nouveau service proposé et ces différentes fonctions : apport de l’infrastructure technologique, traitement et gestion documentaires, rédaction de la documentation et formation des utilisateurs, accès aux collections et promotion du service. Les auteurs insistent aussi sur le fait que ce service existe grâce à l’étroite collaboration entre les différents acteurs (professionnels de l’information, enseignants) qui ont un rôle bien précis dans ce projet, et l’importance d’un site Web qui assure l’interface entre les différents services de l’iconothèque numérique.
Enfin, la dernière partie met l’accent sur le besoin essentiel de mettre en place des outils d’évaluation de l’usage. Différentes méthodes peuvent être adoptées. Celles utilisées pour l’évaluation de l’iconothèque numérique sont la collecte mensuelle des connexions au serveur, mais aussi l’étude de l’utilisabilité pour connaître les attentes des usagers. Pour ce faire, un laboratoire mobile d’utilisabilité a été mis en place afin d’analyser les comportements des usagers et adapter les interfaces de consultation.
Commentaires
Cet article présente un intérêt certain car de par sa structure, il permet d’appréhender et suivre la progression et la mise en place d’un nouveau service au sein d’une bibliothèque universitaire. Les auteurs font part de leurs interrogations et des différents problèmes rencontrés durant leur démarche, et cela permet de prendre conscience des difficultés inhérentes à la conception et à la réalisation d’un projet. De même, la notion d’iconothèque numérique est un concept nouveau, et les deux encadrés se montrent très intéressants pour saisir les fonctionnalités et les missions de ce service. Enfin, la collaboration entre les enseignants chercheurs et les professionnels de l’information et de la documentation apparaît comme un élément essentiel dans ce type de projet. En effet, ces derniers ne possèdent pas forcément les compétences nécessaires pour évaluer la pertinence de documents scientifiques. Il en est de même pour les enseignants, qui eux, ne sont pas spécialistes dans le domaine de la documentation et du traitement de l’information.